Brailler et avancer malgré tout

menopause

Ça y est! Encore une fois je me suis réveillée en larmes et je n’ai pas cessé de brailler pour une bonne heure ensuite. Pourtant je n’ai pas fait de mauvais rêve, je n’avais pas de douleur, il n’y avait aucune mauvaise nouvelle pour générer autant de « chagrin ».

Ce n’est qu’une poussée d’hormones encore… Ouais, la ménopause et ses fluctuations hormonales me laissent souvent en larme sans aucune raison. Lorsque ces instants pénibles se produisent, sans aucun avertissement au préalable, je me retrouve tellement démunie.

La fin du monde annoncée ne m’a jamais stressée autant que cette fameuse ménopause.

Ayant des objectifs de carrière très précis, je n’ai pas besoin de perdre mon temps à regarder mon nombril et chacune des poussières qui pourraient s’y trouver (mais il n’y en a pas je vous rassure!). Donc, en plus de ressentir un chagrin et un désespoir qui semblent éternels, je ressens aussi une certaine forme de colère contre ce temps perdu inutilement.

Ça m’a pris des années avant de réaliser que ma vie n’était pas soudainement aussi insipide, aussi désespérée que ce que je ressens durant ces moments de dérèglement hormonal. À force de m’informer sur cette fameuse ménopause, j’ai fini par comprendre que, même si je ne vis pas ces « chaleurs » que supportent péniblement plusieurs autres femmes (j’ai pourtant toujours eu hâte à ma ménopause pour avoir ENFIN CHAUD une fois dans ma vie), la ménopause m’affectait autant que n’importe qui d’autre.

Ayant eu, jadis, un médecin de famille, (au Québec c’est plus rare qu’un lingot d’or dans sa boîte de recyclage) le choix de prendre ou pas des suppléments chimiques pour balancer mes hormones, j’ai préféré ne pas en prendre. C’est un choix personnel mais j’ai aussi suivi les conseils de ce médecin qui croyait vraiment en la puissance de la nature pour soigner le corps.

Donc, aujourd’hui, avec un horaire très chargé, les yeux et le moral dans l’eau, je devais réagir. C’est en traînant les pieds et ma peau de misère chagrine que j’ai opté pour faire ma routine matinale comme si de rien n’était. En pyjama, en braillant de tout mon coeur, j’ai saisi le chiffon et j’ai commencé à nettoyer les preuves d’existence animale dans cette maison.

On aura beau dire, quoi qu’on ressente, la vie continue pour les autres.

J’ai donc braillé pendant une bonne heure au moins, mais en frottant, en pliant la dernière lessive, en nettoyant ce qui devait l’être. Au bout de ce temps humide, aussi rapidement qu’elle est arrivée, cette période chagrine est partie.

Soudainement.

Comme ça, sans aucun signe annonciateur, comme elle était arrivée.

Tout ce que je sais c’est que j’ai constaté que je n’avais plus de pensées négatives, que mes yeux étaient maintenant secs et, surtout, QUE TOUT CE QUE JE DEVAIS FAIRE AVANT DE VENIR VOUS REJOINDRE SUR LE WEB AVAIT ÉTÉ FAIT ET TRÈS BIEN FAIT !

Vive les automatismes !

Vive la routine !

Grâce à eux, pendant un temps où même la misère me semblait du luxe, j’ai continué et n’ai pas pris de retard sur mon horaire de la journée.

Quel bonheur !

Et vous? Est-ce que vous avez créé des automatismes pour les choses qui doivent être faites à tous les jours quoi qu’il arrive? Oui? Alors même quand tout va mal, quand vous êtes en colère, triste ou meurtrie par la vie, RESPECTEZ VOS AUTOMATISMES et faites ce qui doit être fait au lieu de vous défouler sur les gens, les animaux ou les objets qui vous entourent.

Avant de me créer ces automatismes, j’avais la fâcheuse manie de m’écraser dans un coin et pleurer de tout mon coeur pendant toute la durée de la crise. J’en sortais épuisée, démoralisée et je pestais contre le retard accumulé. J’avais perdu une à deux heures et parfois beaucoup plus, simplement à laisser mes émotions s’exprimer et paralyser mes actions.

Avec mes automatismes bien ancrés c’est sans réfléchir que j’ai commencé à frotter, nettoyer, ramasser, plier, ranger. Après ma « période noire » j’ai constaté que je m’étais quand même fait du bien en utilisant ce temps de douleur à  avancer dans ma journée. Un petit bonheur de plus à ajouter à ma liste !

Ne vous laissez pas abattre par la vie.

Peu importe vos difficultés, il y a toujours quelque chose à faire pour progresser vers votre objectif. Même s’il ne s’agissait que de faire votre toilette, ranger votre chambre et vous préparer un petit déjeuner ou prendre un bon livre pour vous changer les idées, faites-le au lieu de vous tourner vers votre douleur. Elle va finir à un moment ou à un autre, aussi bien faire en sorte que ce temps que nous voulons toutes oublier, soit le plus rentable possible.

La ménopause n’est pas la fin du monde, c’est bien plus difficile car on doit continuer après…. Aussi bien la vivre de la meilleure manière possible.

Je lève ma tasse de café à votre santé et que vous soyez un homme vivant avec une femme ménopausée ou cette femme qui traverse le temps de la vie avec ses hauts et ses bas, je vous souhaite la meilleure des journées.

Sylvie

2 réponses à Brailler et avancer malgré tout

  • Bonjour Sylvie.
    Eh oui, satanée période que cette pré-péri-ménopause.
    Les symptômes de la ménopause sont extrêmement variés et nous n’avons pas toutes les mêmes. N’oublions pas que les hommes aussi ont leur ménopause (l’andropause, ça s’appelle, et méfiez-vous, ils sont parfois pires que nous, parce que nous les femmes, nous savons !!).
    Petite explication : en faisant le ménage, tu as produit des endorphines, comme quand on fait du sport, les hormones du bonheur 🙂
    Voilà pour la science.
    Moi, le ménage me calme, je l’utilise comme « passer mes nerfs ». Généralement, quand je suis très énervée, ça marche bien.
    Quel dommage que les hommes ne connaissent pas le bonheur de faire le ménage (pour la plupart, en tout cas…).
    A bientôt.
    Lucienne.

    • sylvie dit :

      OH ! Excellent ! J’ignorais que le ménage était thérapeutique !

      Merci pour cette information et pour ce petit coucou qui fait bien plaisir.

      Effectivement nous ne traversons pas toutes ce temps de la même manière. J’ai, toute ma vie, eu froid. Je suis du genre à porter une petite laine quand il fait 25 c’est tout dire !
      Toute ma vie on m’a promis qu’à la ménopause j’AURAIS CHAUD !!!! Ahhh que j’avais hâte !!!!

      Alors comme la vie est remplie de surprises…. je n’ai eu QU’UNE SEULE CHALEUR depuis le début de ma ménopause. J’étais « au volant d’un panier d’achat » au Wall-Mart et j’ai cru ma dernière heure arrivée tellement j’ai eu chaud subitement. J’ai alors compris l’inconfort extrême de celles qui ont ce symptôme fréquemment. Ça doit être INFERNAL.

      Mais moi… ben… je continue à avoir froid presque tout le temps. Zut et Youppi hein?

      😉

      Sylvie

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